Réflexion : le rythme des séances

L’époque où la fin des cours du vendredi menait directement vers une séance de jeu de rôle où tous débarquaient les dés en mains pour vivre quelque chose se croyant épique, et ce jusqu’aux petites heures du matin est résolue. Aujourd’hui, la réalité nous amène bien souvent ailleurs. Le travail, la famille, les obligations et des samedis aussi remplis qu’un lundi nous portent à croire que nous aimons moins ce moment bimensuel fantastique.

Dans les faits non, je crois que l’effet de vieillir nous a apporté un tas d’activité diverse qu’on aime et adore. Mais, ayant toujours la même disponibilité, on se retrouve à diviser, voire égrainer ce temps. L’humain étant fait ainsi hélas! Une journée contient que 24 heures et elle n’aura que 24 heures. Même Dr. Strange n’y peut rien!

Sortons de cette philosophie approximative à deux sous et retournons à notre sujet. Nous sommes donc passées d’un temps de séance réel de +/- 8hrs à un temps de séance réelle de +/-4hrs. À 3 heures du matin on terrassait les derniers gobelins de la terre sacrée de Svirm, et maintenant à minuit, on baille la fin d’un cliffhanger sorti d’un mauvais366f77f1d3de5bc0aec3b873e2ee0f1f épisode de District 31. Car commencer l’exploration d’une grotte mystérieuse à 23 heures c’est un suicide scénaristique qu’on veut empêcher à tout prix.  Surtout, si le maître de jeu avait prévu une énigme au troisième étage…

En sommes, les séances du livre 1 ont été créées comme des joutes en continu. On commence à l’heure que l’on peut et l’on termine vers minuit. La séance suivante, on repart de là où nous avions terminé et on se rend le plus loin possible. Dans ce type de composition, on ne peut compacter efficacement les scènes d’action pour y donner un bon rythme. On se retrouve alors avec des moments que j’appelle des entre-deux. L’entre-deux se retrouve à devenir l’obtention d’une quête et la préparation de celle-ci. Pour le scénario, elles servent à introduire des éléments utilisables dans le futur. Un genre de contextualisation du monde qui entoure les personnages, se voulant un moyen de créer de la couleur et créer un monde qui bouge autour des personnages.

L’entre-deux devient problématique lorsqu’il vient se loger dans le début et dure jusqu’à la fin de la séance. Si celle-ci s’allonge, on se rend facilement à la fin de notre 4 heures de séance possible.

« Comme exemple, je citerais la quête de la peste d’Embelton qui est la plus fraîche dans nos mémoires à l’écriture du blogue. Les personnages entrent dans Gloengill et une phase descriptible s’amorce. Une obligation pour la découverte d’une nouvelle ville. On introduit des personnages clés, on découvre certains antagonistes probables et l’on fait avancer l’histoire générale de la chronique. Vers le trois quarts de la séance, la quête s’ouvre. L’ami d’enfance d’un des personnages, gouvernant la cité d’Embelton, est aux prises avec une maladie d’envergure. Les personnages se préparent pour le voyage vers Embelton. Une fois arrivé, on décrit les lieux, on annonce des personnages non joueurs et l’on crée une dynamique de mystère. La quête se confirme et l’on trouve une piste possible impliquant Gloengill. Top chrono ? Il est minuit et nous devons arrêter la séance #15. »

On commence la séance #16 à la suite de la #15, donc au retour des personnages à la ville première pour poursuivre l’enquête, car la source du mal reste mystérieuse. Il est certain qu’entre deux séances, on perd certaines informations, certaines impressions du moment et l’Initiative n’est plus. En somme, on perd souvent du temps de jeu à se remettre dans le bain comme on dit.

« Manque de chance, la séance #16 n’apporte pas d’information supplémentaire, l’ennemi n’est pas si facilement perceptible et l’on manque d’information. Un bandit sème le désordre, ajoutant une couche de mystère, mais précisant que le mal est nourri par la main de l’homme. La solution semble se tourner vers un retour à Embelton, la séance s’étant écourtée à cause de la remise en contexte. Il est maintenant 11h30 et la décision de ne pas poursuivre plus loin est prise, car la piste mènerait vers un lieu distant des deux cités précédemment décrites. »

La séance #17 commencera avec la préparation de la sous-quête et le départ vers celle-ci. Certaines erreurs scénaristiques peuvent influencer le rythme, par des ajouts de substance descriptive peut-être superficielle à l’avancement de la quête en cours. Suivant le rythme actuel, la séance #17 sera la résolution de la sous-quête et la #18 serait la résolution de la quête principale. Donc 2 mois de jeu pour cette quête. J’ai pris la dernière quête en cours, car elle frappe un peu plus et contient aussi l’absence de joueur.

La chronique actuelle est-elle vraiment une configuration optimale pour le temps des séances que nous avons ?  

Dans la chronique, le voyage devait servir à faire découvrir l’univers et permettre au personnage de se faire connaître des différents protagonistes et de l’ambiance des lieux. Dynamiser le partage d’information avec des quêtes était pour créer de l’action et mettre en vedettes les personnages et leur capacité à résoudre les problèmes du royaume.

En quatre heures, il faudrait inclure la mise en situation, l’évènement perturbateur, les actions des personnages et couper de sorte que la reprise soit facile et optimale. De plus, l’écriture des résumés par les joueurs doit impérativement servir de retour sur la mise en situation et remise en contexte de l’évènement perturbateur. Ainsi, on viserait une reprise de la quête efficace. Impliquer des sous-quêtes serait simple, car on pourrait y créer une arborescence des évènements marquants.

Pour conclure, je dirais qu’une chronique doit être découpée chirurgicalement en plusieurs blocs, permettant de mieux refléter la réalité du temps alloué pour les séances. Des séances en série devenant une énorme fresque ne sont pas une façon efficace de garder les joueurs en haleine dans l’histoire.  Le volume d’information devient trop volumineux et nous nous approchons dangereusement du moment fatidique où les joueurs perdent le fil et inévitablement l’intérêt.

Une réflexion sur “Réflexion : le rythme des séances

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