Livre 1 – Le Comté de Dorstone – Séance #18

Les héros ont divisé leurs effectifs pour couvrir davantage de terrain, soigner les nécessiteux et récupérer leurs gens. Le but avoué étant de donner du temps à leur seigneur de soigner cette vilaine blessure à la tête. Tous savent qu’un James-Jay Braddock alité pour plus que ses courts besoins de sommeil deviennent un test pour sa patience énorme pour lui et par la bande pour les autres.

« J’ai tellement mal à tête que j’aimerais mieux la voir séparer du reste de mon corps, plutôt que d’aller à Embelton. Du repos, c’est tout ce que je veux. Ça fait trois jours qu’ils sont partis, trois longues journées. Par tous les dieux que c’est long, seul avec mes pensées, qu’est ce qui a bien pu se passer? Peut-être que ce comté était déjà en ruine avant qu’on le quitte? Pourquoi toutes ces embûches sur ma route? Une famille décimée, une décennie de guerre, une promesse de retour à la terre promise sans cesse retardée. Je commence à sentir que la terre promise est une route directe pour rejoindre mes ancêtres. Si je pouvais avoir la même ferveur que Son Père. Croire qu’un être supérieur qui veille toujours sur nous. Je ne peux pas m’empêcher de penser que les Braddock étaient peut-être juste voués à mourir l’un après l’autre sur ces terres et que l’erreur du destin que je suis était sur le point d’être réparée. Cette douleur est insoutenable! Souhaitons que les gars reviennent avec un remède et qu’ils puissent m’enlever ce mal de tête par la même occasion. Les gens à mon chevet ont beau faire leur possible, mais la douleur est très intense et seul le temps pourra l’atténuer. Du temps, comme si je n’avais juste ça à faire, me reposer. »

Chevalier_Dragon PoupreUne imposante cavalerie se dirige vers nous. On m’annonce qu’il s’agit de la cavalerie d’Evan Ward, Les Dragons Pourpres. Une vive réaction se fait sentir de la part de tout le monde pour accueillir le Vicomte à la cour. Seul Sir Bélanger n’avait pas cet empressement. Il savait que lui seul pouvait annoncer la nouvelle de la mort d’Horace Ward à son frère. Et c’est de la réaction d’Evan Ward que le chevalier de l’ordre craignait. Dès leur arrivée, on ressent enfin la puissance d’un corps d’armée qui travaille à l’unisson et qui pousse dans le même sens. Rien de mieux pour chasser mes idées noires. Après l’annonce, une puissante colère s’empare du Vicomte Evan Ward, une vraie colère de Ward! Après quelques instants de brouhaha, Evan se calme et demande à voir la dame d’Embelton, la Vicomtesse Kiana Arno.

À la suite de cette émotive rencontre, tous les chevaliers de l’ordre sont convoqués à la table du nouveau régent d’Embelton. Je fais partie du lot, une invitation personnelle faite par le Vicomte en me sommant d’amener mon Dragh. J’échange un regard incertain avec Hank, mais de toute façon, on n’a pas le choix. Le souper aux longs couteaux va débuter, avec mon mal de tête et sans Son Père pour me donner des coups de bottines sous la table.

Une table imposante est dressée dans le hall du château. Tous les chevaliers de l’ordre y sont attablés, mais aucun de la compagnie des Dragons Pourpre n’y siège. Sir Bélanger parle en premier, lui expliquant la visite de la grande prêtresse et le début de la maladie qui finit par causer la perte d’Horace Ward. Il me céda ensuite la parole. J’enchaîna sur la mort de son frère, la trahison de l’évêque et du même fait, celle du temple de l’ordre, avec l’infiltration du malin dans ses plus hautes sphères. Pour donner suite à mes dernières paroles, Bélanger grimaça un peu, mais fut rabroué rapidement par le vicomte. Après le repas, seul moi et Hank, « mon Dragh » restèrent auprès du Vicomte. Le Vicomte me demanda à brûle-pourpoint si je connaissais la Sorcière Braddock, sans nécessairement me demander si j’étais de sa famille et de quelle souche de Braddock je descendais. Changeant du coq à l’âne, on échangea sur la présence de différents clans sur mes terres et d’une nouvelle majeure. Selon Evan Ward, le Comte Ralph Ward serait toujours en vie et Northam, la ville d’Evan, serait la dernière forteresse opposant les Dorstone à Avinter. J’enchaîna en parlant des nouveaux seigneurs dépêchés par le Duc et de la Baronne Abbigail Hillers, les ayant réquisitionné pour ses terres. On parla de Stewart, de Raymond à Gloengill. Après plusieurs minutes de discussion et de négociations, une entente fut scellée. Je devais devenir le chef du clan Braddock, unir tous les autres clans pour devenir leur chef. Un chef Dathrien sous la bannière de Evan Ward. Le contrôle de ce territoire rapetisserait grandement les frontières devant être protégées par Evan et permettre de mieux contrôler l’afflux d’immigrants illégaux Dragh. En échange, il éliminerait les traces de ma dette et je redeviendrais le seul Seigneur des terres de mon père. À partir de ce moment, je pourrais commencer l’ascension de mon destin de faire sonner le nom des Braddock dans les plus hautes sphères de Dathrien et même plus loin encore. Encore une fois, la vie me donna une leçon, devant cette épreuve, j’ai été en mesure de passer du désespoir complet à l’espoir de voir mes réalisations mettre le monde à mes pieds.  Son Père, tu as encore raison, ils veillent sur nous tout là-haut…

Son Père, God et Vegan sont enfin de retour après plus de quatre jours de longue attente. Les valeureux reviennent le torse bombé comme s’ils savaient quelque chose que j’ignore. Une rencontre remplie de respect eu lieu avec le Vicomte et Son Père. Il annonça, à ce moment, que la guérison était possible et qu’un remède avait été créé grâce à l’union des forces de God et de la dame d’Hannibal, Edith Graydon. La Vicomtesse Kiana Arno fut donc sauvée. Son Père discuta longuement de la nouvelle marche à suivre pour endiguer la maladie, un chevalier de l’ordre décida même de devenir hospitalier et de partir en pèlerinage pour instruire la population sur cette maladie.

En fin de soirée, moi et mon équipe amorcèrent une bonne discussion pendant que God utilisa son don pour guérir ma blessure de guerre à la tête. Hank, lui, trimbale la hache du bougre m’ayant fait cette blessure. Si seulement God pouvait exploiter ses talents à la vue de tous, quel homme il deviendrait! La puissance de son grand-père avec l’humanité de son père… La discussion portait sur les voyages des gars, avec leurs découvertes et le besoin de revenir au printemps. God insista beaucoup sur la nécessité de revenir au printemps, car ses créations étaient d’une valeur inestimable. Par la suite, je repris le flambeau expliquant l’entente avec le Vicomte et avec mon mal de tête enfin parti, on partait demain matin avec toute la petite famille qui était arrivée en même temps qu’eux.

a15893700ef41f4dbe3d4aad3406217cLe voyage vers Northam fut rapide et sans histoire. La forteresse des Dragons Pourpres fut impressionnante et le nombre de chevaliers semblait supérieur au contingent dépêché à Embelton. Des nouvelles de la présence de Perrine Chancellor dans la ville fut même repérée par Hank et Cyd. Elle serait vers le nord, vers mes terres. La route vers le village de La Sorcière fut plutôt complexe et ardue, le vent et la neige y jouant un énorme rôle. Nous sommes arrivés au village en pleine nuit. Des maisons détruites par le feu et un silence quasi complet. Seule une maison longue ayant une base de pierre restait immuable sur le bord du lac. Des pleurs en provenance de la maison furent perçues dans la nuit. J’ouvris la porte et entra dans la maison.

Clan braddock_LongHouse

Dans la pièce, une femme de mon âge, blessée sérieusement, me fixe d’un regard tout en me menaçant dans une langue incompréhensible pour moi. Le reste de la salle est comblée par des jeunes femmes et des enfants. Hank, qui me suivait de peu derrière, permet la traduction et aide grandement à la conversation. Une femme loin derrière me demande en m’interpellant comme étant son fils. Lorsque j’arrive à son chevet, une vieille dame allongée et en fin de vie remercie le ciel de ma présence et d’avoir été en mesure de survivre suffisamment longtemps pour me revoir une dernière fois. À ce moment précis, je ne me préoccupe plus de personne, ni la blessée, ni Hank qui traduit, ni même Son Père qui m’a rattrapé espérant revoir sa sœur en vie. Une mince déception m’habite, je croyais vraiment revoir ma mère. Même si son visage est de plus en plus flou dans mes souvenirs. La sorcière Braddock était en fait ma nounou du temps qui avait gardé le fort tout ce temps pour mon retour. Son Père me raconta que c’est dans ses bras qu’il m’avait retrouvé à la suite des hostilités ayant mené à la mort de ma famille. Nos yeux se croisèrent et dans un dernier soupir, elle me nomme comme le nouveau chef de clan.

Elle ne regrettera pas cette décision et j’aurai dorénavant une deuxième mère à honorer. Je suis rapidement tiré de mes pensées par God, et la blessée. God avait trouvé le moyen de lui faire repousser la main. Comment repousser la main? Ce sera quoi la prochaine étape? La résurrection des morts! Cette femme de retour sur pied et pleine de vie bouscule tout et crit pour qu’on lui donne ses armes. Les brigands ayant pillé les lieux sont partis avec les garçons du village, de jeunes enfants, pas plus vieux que Tim. Ces brigands seraient sous les ordres du Roi Aktarus. Aktaqui? Comment ça un roi? Les hommes du village étaient déjà partis dans le but de mettre la main sur ses voleurs d’enfants. Nous avons donc pris nos affaires et avons rattrapé Blanche Braddock, partie en trombe. Ma nouvelle « sœur » nous balança quelques informations sur cette nouvelle royauté en mes terres.  Le Roi Aktarus serait un Urumain, un semblable à Vegan. Celui-ci proviendrait des montagnes au nord et est descendu de sa montagne pour régner sur les peuples du lac. Dominant la région, il sélectionne les jeunes hommes des villages en guise de tribu, affaiblissant les clans et tenant ceux-ci en otage en cas de représailles. La discussion s’écourte, car les brigands semblent avoir entouré mes nouveaux gens, une bataille est à prévoir. Nous en sortons quasiment tous indemne. Sauf Hank qui prend un moyens plaisir à bloquer les coups avec ses flancs. Je songe sérieusement à changer son surnom pour Scar…

Blanche veut prendre le roi en duel et ainsi prouver la valeur du clan et reprendre les enfants de la sorte. Cette idée est complètement stupide et à la suite d’une rapide consultation avec les hommes du clan, elle n’a aucune chance. Elle n’en démord pas, elle est têtue comme une mule celle-là. Et c’est à ce moment que Vegan sortit de sa torpeur et propulsa de sa voix grave : si c’est un Urumain, c’est moi qui le prend, fin de la conversation ! En fait, je suis bien content qu’il ait dit ça, car moi je n’y tenais pas. Nous repartons donc à l’assaut de la place forte d’Aktarus l’Urumain. Le Vicomte avait oublié ce détail quand il me ventait le succès de son plan.

Tout au sommet d’un mont, un plateau qui mène à une grotte. Une vingtaine d’hommes y réside en garnison. Dans le lot, on retrouve des Dragh qu’on reconnait, dont ce garde de Dorstone, à qui j’en dois une. Ça me confirme que la belle Périnne doit être ici. Peu importe le deal, elle doit en faire partie. Une vraie Uilebheist arrive vers nous. Son marteau est tellement gros, je ne suis même pas certain que je peux le tenir. Elle nous demande de la suivre pour rencontrer son Jarl. Nous entrons dans la grotte, remplie de guerriers dont deux qui nous attirent l’œil. Un bridé solitaire dans un coin et un petit pas propre, à qui il manque des morceaux, assis dans une chaise roulante poussée par la belle que l’on recherche depuis Dorstone. Un homme effrayant dans le noir s’approche pour nous parler, qui un coup à la lumière, est juste un bizarre avec un crane de bouc sur la face. Une rapide négociation s’ensuit. On semble se mettre d’accord, mais le Roi veut me serrer la main en privé pour sceller le deal. Je suis un couloir et ressors à l’extérieur. Un gros feu, un gros homme et un gros loup m’attendent. Une scène me rappelant mon altercation avec Stewart et les dieux savent que ce ne fut pas à mon avantage. La négociation reprend et change un peu. Mon champion gagne et je repars avec les enfants, dame Perrine et je gagne une immunité d’un an contre une représaille possible. S’il gagne, nous perdons armes et armures et nous retournons bredouilles au village.

J’accepte le duel avec ma tête, mais mon cœur est dans la tourmente. Cyd, mon ami, mon compagnon d’armes, mon frère va affronter son plus grand défi et il le fera sans moi. Les autres clans vont attendre, car aujourd’hui et avec l’aide des dieux ou non, on règle le cas de cet Aktarus.

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